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Georges Bataille (1897-1962)

Pour Georges Bataille la littérature n'est rien si elle n'est pas « la mise en question (à l'épreuve), dans la fièvre et l'angoisse, de ce qu'un homme sait du fait d'être ». Chartiste, bibliothécaire à la Nationale, son œuvre publiée, jusqu'à L'Expérience intérieure (1943), se réduit à quelques articles paradoxaux et à des textes érotiques publiés sous pseudonymes (Histoire de l'œil, 1928 ; Madame Edwarda, 1941). Écrit en 35, son roman Le Bleu du ciel ne paraîtra qu'en 56. Mais, lorsqu'il arrive à Vézelay, il a animé quelques revues marquantes (Documents, La Critique sociale, Acéphale) et a été l'initiateur de regroupements d'intellectuels : Contre-Attaque (avec Breton) contre le fascisme, le Collège de Sociologie et Acéphale (avec Caillois et Klossowski) pour revisiter et revivifier le sacré. Breton ne s'était pas trompé d'adversaire en l'attaquant violemment dans son Second Manifeste du Surréalisme (1929). Pas plus que Sartre qui tenta à son tour de l'abattre en 43.

Tuberculeux, en congé de longue maladie, il arrive à Vézelay en mars 43. Il y poursuit son « expérience intérieure » consistant à « mettre la vie (c'est-à-dire le possible) à hauteur de l'impossible ». Il y écrit la fin du Coupable (1944) qui proclame « la divinité du rire » ainsi que les poèmes de L'Archangélique (1944) qui vont jusqu'à la limite de la poésie. Il se promène dans la profondeur des bois alentour. Il reçoit Lacan, Éluard, Limbour et rencontre Diane qui deviendra sa compagne puis son épouse. Il quitte Vézelay en octobre 43. Mais il y revient en mai 45, en congé sans solde, et pensant pouvoir y vivre de sa plume. Ce fut une période extrêmement féconde. À Vézelay, il fonde la revue Critique qui prétend décloisonner les savoirs, écrit Méthode de méditation (que publie Max-Pol Fouchet aux éditions Fontaine), L'Alleluiah, Histoire de rats, Haine de la poésie, Théorie de la religion. Il y termine La Part maudite, livre d' « économie générale » commencé dès 1933, qui développe sa conception du monde comme « ébullition ». Giacometti, Balthus, Merleau-Ponty et nombre de collaborateurs de Critique lui rendent visite. En 1949, la naissance de sa seconde fille le conduit à redevenir bibliothécaire. Il quitte Vézelay pour Carpentras, puis pour Orléans. Mais, ayant conservé en location la petite maison grise de la place du Grand Puits, il revient à Vézelay, l'été principalement.

Son écriture fiévreuse a quelque chose de haletant. Son œuvre peut paraître à première vue décousue : il n'en est rien. En fait, Bataille emprunta au marxisme, à la psychanalyse, à la sociologie, à la philosophie de Hegel et de Nietzsche pour tenter de déployer une sorte d' « histoire universelle » en plusieurs volumes (Lascaux, 1955 ; Manet, 1955 ; La Littérature et le mal, 1957 ; L'Érotisme, 1957 ; Le Procès de Gilles de Rais, 1959 ; Les Larmes d'Éros, 1961) fondée sur les notions d'érotisme et de transgression.

À partir de la publication de ses Œuvres complètes (commencée en 70), on mesura l'ampleur et l'ambition de son œuvre, au carrefour de la littérature et de la philosophie. « Je dirais volontiers que ce dont je suis le plus fier, c'est d'avoir brouillé les cartes... c'est-à-dire d'avoir associé la façon de rire la plus turbulente et la plus choquante, la plus scandaleuse, avec l'esprit religieux le plus profond. » Il a profondément renouvelé notre vision du monde.

Nue, ascétique, sa tombe est la plus visitée du cimetière.

Voir la vidéo Georges Bataille à perte de vue de André S.Labarthe

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