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Ils ont écrit sur Vézelay

Jusqu'au début du XXe siècle, Vézelay est un terrain d'élection pour des voyageurs-esthètes venus, de plus ou moins loin, tester leur sensibilité laïque et leur théorie face aux restaurations (ou à la restitution) de Viollet-le-Duc. Grâce à eux, le nom de Vézelay côtoie désormais ceux de Venise, Chartres, Amiens, etc., et se pare d'une puissante aura. Grâce à eux, Vézelay devient d'abord une destination incontournable pour tous ceux qui se piquent de goûter les beautés de l'art et de l'architecture, puis un véritable mythe littéraire.

Les visiteurs de la grande église d'Assise ont parfois vu une manière de parabole dans la progression en trois étapes qui les conduit de la crypte sombre où repose le corps de saint François, à l'obscure église « basse », et de celle-ci jusqu'aux grandes dimensions, jusqu'à « l'illumination » physique et symbolique de l'église haute.

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L'anglais Walter Pater (1839 – 1894), essayiste ayant contribué à définir l'esthétisme et maître d'Oscar Wilde, est un bon exemple de ces voyageurs-esthètes. Son Vézelay, essai d'art religieux, écrit suite à sa visite à la Madeleine, publié en 1894, ne sera traduit qu'en 1924 (dans la Revue de l'Yonne, Avallon). Ce modeste essai n'a ni l'ampleur ni la réputation de la Bible d'Amiens de son rival Ruskin. Pour Pater, la Madeleine est « l'église monastique par excellence ». Il est particulièrement sensible à l'articulation des différentes parties du bâtiment. Pour lui, le passage du roman au gothique s'y effectue tout naturellement. Il écrit ceci qui peut, aujourd'hui, passer pour banal mais qu'il fut sans doute le premier à dire.

Mais il faut être Marcel Proust (1871-1922), lecteur de Pater comme de Ruskin, pour, au détour d'une page de sa correspondance de septembre 1903, jeter sur la colline et sa basilique ce point de vue aussi original qu'inattendu : « Une chose prodigieuse dans une espèce de Suisse, toute seule sur une montagne qui domine les autres, visible de partout à des lieues, dans l'harmonie du paysage la plus saisissante. L'église est immense et ressemble autant à des bains turcs qu'à Notre-Dame, bâtie en pierres alternativement blanches et noires, délicieuse mosquée chrétienne. »

C'est une chose touchante que ce mouvement d'amour qui arrache, pour la première fois, l'homme à sa glèbe natale, le pousse à embrasser la terre, à prendre connaissance de son domaine.

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Historien de l'art et de la littérature, critique influent de la Revue des Deux Mondes, académicien, Louis Gillet (1876-1943) passa une partie de sa vie à traquer les traces franciscaines à travers la France. Sa quête ne pouvait que passer (au milieu des années 20) par la Cordelle (citation). Dans La Cathédrale vivante  (1936), Gillet situe la Madeleine «dans cette voie lactée de cathédrales » qui va « par Sens et Auxerre jusqu'à Lyon et de là jusqu'à Rome et jusqu'à Bari, d'où l'on fait voile pour la Terre Sainte. ».

[...] l'ensemble qui symbolise le plus mal le génie roman : la sculpture de Vézelay. Elle doit à un prestigieux maniérisme la réussite décorative qui assure sa gloire.

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Dans les écrits sur l'art d'André Malraux (1901-1976), le nom de Vézelay revient fréquemment. C'est à la sculpture bien plus qu'à l'architecture de la Madeleine qu'il s'intéresse, à sa manière, passionnée. Dans La Métamorphose des dieux (1957), il s'emploie à dégager l'art roman du « fantastique dont s'irritait saint Bernard » pour en montrer tout le génie, tout le caractère sacré. Son balayage chronologique va des Vierges noires au Portail royal de Chartres. C'est dans ce contexte qu'il consacre un développement à la sculpture du tympan de Vézelay.

Chartiste, historien, Raymond Oursel (1921-2008) consacra sa vie à l'art roman. Il écrivit sur la basilique de Vézelay des pages denses magnifiées par les éditions du Zodiaque (Bourgogne romane en 1954, Lumières de Vézelay en 1993).

La basilique de Vézelay est liée, par le monastère d'origine fondé dans la vallée par Girard de Roussillon, à la geste carolingienne. Puis, le développement monastique a associé son destin à la riche figure de Marie-Madeleine. Il est difficile, dès lors, de ne pas mentionner les travaux féconds de deux érudits aux attaches locales : le professeur René Louis pour ce qui concerne les chansons de geste et Monseigneur Victor Saxer pour sa contribution aux études magdaléniennes.

Il est curieux que le riche passé de « l'héroïque Vézelay en Bourgogne » (Maurice Barrès) n'ait pas fourni matière à des romans historiques dans la veine de Walter Scott. On ne peut noter que le pâle roman « historico-régionaliste » du lormois Henri Bachelin (1879-1941), L'abbaye de Vézelay au XIIe siècle (1927). Bachelin utilise la Chronique de l'abbaye de Vézelay, document de première main rédigé par Hugues de Poitiers (secrétaire de l'abbé Ponce de Montboissier), traduit par Guizot et étudié par Augustin Thierry à l'époque romantique. Il a situé son action au milieu du XIIe siècle, lors de l'affrontement entre l'abbé Ponce et la Commune de Vézelay soutenue par le comte de Nevers. Cette époque troublée est cependant celle qui voit l'apogée du Vézelay monacal.

Il faut mentionner Vézelay, colline éternelle, le texte (dont le style semble bien ampoulé de nos jours) du Son et Lumière des années 70 dû à Maurice Druon (1918-2009), académicien sans attaches particulières avec le lieu.

Tout le monde connaît, au moins de nom, ce village de Bourgogne, célèbre par son église.

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Le jeune Édouard Estaunié (1862-1942), futur chantre de la vie provinciale, a passé les étés de son enfance à Vézelay, dans la vieille maison de ses grands-parents qu'il a décrite dans « Mademoiselle Gauche », la première des trois nouvelles composant Solitudes (1922). C'est là qu'il a en partie fixé le topos de la description « classique » du village.

Dans la littérature contemporaine, le nom de Vézelay a conservé son aura et continue d'être associé au thème de la recherche spirituelle, mystique.

C'est le cas dans Paradis de Tristesse (2002), le premier roman du comédien, metteur en scène et dramaturge Olivier Py (né en 1965). Parti de la backroom d'un bar gay parisien, des plaisirs sado-masochistes qui s'y déploient, le livre s'élève jusqu'à la colline de Vézelay, lieu éminent de la recherche de l'absolu. Vézelay y apparaît comme un phare tout autant pour les corps tourmentés que pour les âmes en peine, comme un couvent où âme et corps auraient la possibilité de se réconcilier. Dans sa pièce Jeunesse (2003), Vézelay tient le même rôle.

C'est à Vézelay que Christian Bobin (né en 1951) a situé une partie de son roman Louise Amour (2004). Le narrateur, qui se présente comme un théologien autodidacte, n'aime ni la basilique (trop prétentieuse) ni, finalement, les restes de Marie-Madeleine (trop « empêtrés »). Il préfère le vieux cimetière illuminé par le chant d'une mésange et un pré des environs où lui apparaît, tel un ange ou un vitrail, un paon faisant la roue. Il touche alors à une sorte d'extase mystique.

Vézelay constitue l'horizon (au sens propre comme au sens figuré) de plusieurs romans de Sylvie Germain (née en 1956) dont Jours de colère (1989, Prix Fémina).

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Conférence de Jean-Baptiste Auberger
La Cordelle et Vézelay Lieu : Couvent de la Cordelle de Vézelay
Assemblée générale de l'Association
Lieu : salle des fêtes de Saint-Père
Visite des forges de Buffon
En collaboration avec L'association-Fondation Christian et Yvonne Zervos et avec une conférence de Luc-Régis Gilbert

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