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Quelques figures de l'apogée

 

De l'histoire contrastée, conflictuelle et souvent violente, qui est celle de Vézelay à son apogée (XIe et XIIe siècles), émergent de grandes figures : abbés bâtisseurs, nobles protecteurs ou adversaires, hôtes prestigieux...

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Statue de Guillaume de Volpiano à San Guglio,  Lac d'Orta

Nous les connaissons grâce aux historiens de Vézelay comme Hugues de Poitiers (ou « le Poitevin »), moine à Vézelay vers 1160, auteur d'une chronique de l'abbaye et secrétaire de l'abbé Ponce de Montboissier ou, au XIXe siècle, Aimé Chérest, conservateur du musée d'Auxerre, et l'instituteur Jules Sommet. Des auteurs qui restent la source des travaux historiques plus récents, de même que l'archiviste et archéologue Francis Salet (1909-2000) reste l'auteur de référence pour la connaissance de la basilique.

Après que la présence et l'influence à Vézelay du grand réformateur et reconstructeur d'abbayes Guillaume de Volpiano (v. 960-1031 ; d'origine lombarde, clunisien, abbé de Saint-Bénigne à Dijon) jouent un grand rôle dans le développement de l'abbaye, on garde la mémoire d'Artaud, abbé de Vézelay en 1096, pour l'édification du chœur roman (disparu) de la basilique, mais aussi pour sa mort tragique, assassiné dans l'abbatiale, en 1106, par un nommé Simon (condamné ensuite au bannissement), lors de la première tentative d'affranchissement de la population. épisode phare des révoltes communales évoquées avec empathie par Augustin Thierry (1795-1826) dans ses Lettres sur l'Histoire de France (1827).

Témoin de ces temps troublés, le clerc « vaguant » (c'est-à-dire non attaché à un lieu fixe) Aimery Picaud ne les évoque cependant pas dans son fameux Guide du pèlerin de Compostelle rédigé dans les années 1135-1140, alors qu'il était, selon certains, chapelain de l'église d'Asquins, au pied de Vézelay ; selon d'autres, il serait né dans ce village.

L'abbé Ponce de Montboissier, (abbatiat de 1138 à 1161), natif d'Auvergne et bâtisseur de la nef romane de Vézelay à la suite de l'abbé Renaud de Semur (abbatiat de 1106 à 1138) qui l'entreprit, est au cœur de ces querelles (commune libre en 1152) ; il défend son abbaye contre les prétentions de mainmise des évêques d'Autun, des comtes de Nevers et des abbés de Cluny. Contre les velléités d'indépendance de la population, il fait appel au pape Eugène III et au roi Louis VII le jeune, qui viendra prier à Vézelay sur les reliques de Madeleine.

Abbé brillant, Ponce demande à l'un de ses moines, Julien, de rassembler en un recueil les sermons que ce dernier, chargé de la vie spirituelle de la communauté, a prononcés en chapitre à destination de ses frères. On sait que ce Julien de Vézelay, né vers 1085 au nord de la Seine, est moine en notre abbaye vers 1150. Il témoigne d'une grande culture et d'une connaissance poussée des classiques latins et de la philosophie grecque (Platon). Il meurt vers 1160-1165, à l'âge, exceptionnel pour l'époque, de 80 ans.

C'est aussi sous l'abbatiat de Ponce que Vézelay accueille en 1146 Bernard de Clairvaux (1090-1153), futur saint Bernard, écrivain spirituel de haute volée et puissant meneur d'hommes. Invité par le pape Eugène III, il prêche la seconde croisade au flanc de la colline. Parmi les nobles qui prennent alors la Croix, un membre de la famille de Chastellux et cinq de ses fils ; une famille et un nom liés pour bien longtemps à l'histoire de Vézelay : en 1217, les Chastellux facilitent l'installation des disciples de François d'Assise, frère Louis et frère Pacifique, au flanc nord de la colline (La Cordelle) ; en 1232, Artaud de Beauvoir, seigneur de Chastellux, assure la construction de leur couvent, reconstruit en 1390, à la suite d'un incendie, par Guillaume de Chastellux. Et dans les années 1950, la même famille assure la réinstallation des franciscains, au même endroit !

Défenseur de la rigueur cistercienne face aux fastes clunisiens, Bernard s'était opposé à Pierre le Vénérable (1092 ou 1094-1156), autre figure médiévale d'exception issue de la famille de Montboissier. Moine à seize ans, écolâtre (maître de l'école monastique) puis prieur à Vézelay, abbé de Cluny en 1122 jusqu'à sa mort, ce grand intellectuel, traducteur du Coran et soucieux d'une attitude nouvelle des chrétiens à l'égard des juifs, est peut-être l'inspirateur des programmes iconographiques de l'abbatiale vézelienne.

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 Clairvaux

 En ces temps de gloire, Vézelay reçoit papes et rois. Pour le départ de la troisième croisade, c'est à Vézelay que le 1er juillet 1190 se retrouvent les deux plus puissants monarques du temps, le roi de France Philippe Auguste et le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion. De là, ils gagnent Lyon puis respectivement Gênes et Marseille afin de s'embarquer vers la Terre sainte. 

images_4Thomas Becket

 

 En 1166, sous l'abbatiat de Guillaume de Mello (abbé en 1161), l'archevêque de Cantorbéry Thomas Becket (1117-1170), banni par le roi Henri II Plantagenêt et réfugié à l'abbaye de Pontigny, est à Vézelay le jour de la Pentecôte. Devant la foule des moines, des clercs et des fidèles, il prononce l'excommunication de plusieurs nobles de la cour d'Angleterre et menace son souverain de la même peine ; ce qui lui vaudra quatre ans plus tard d'être assassiné dans la cathédrale de Cantorbéry où il avait eu le courage de revenir.

Dernier hôte illustre du Moyen Âge à Vézelay, le roi Louis IX, autrement dit Saint-Louis (né en 1214, roi de 1226 à 1270, canonisé en 1297), y vient plusieurs fois, plus en pèlerin dévot de Marie Madeleine qu'en monarque : en 1244, 1248, 1267 et en 1270, sur le chemin de la huitième croisade où il trouvera la mort devant Tunis.

 

 

 

 

 

 

 

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