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Abbés de cour, Militaires et saints personnages


vaubanCe sont parfois de grands noms de l'histoire de France que l'on trouve aux siècles classiques associés à l'histoire de Vézelay. Après la sécularisation de l'abbaye, les abbés sont nommés par le roi, sans être toujours prêtres ou religieux et pour bénéficier des charges et revenus attachés à la fonction. Et certains enfants de la contrée s'illustrent dans les métiers des armes.

Louis Fouquet, frère du surintendant disgracié pour ses malversations et le luxe ostentatoire de son château de Vaux-le-Vicomte, est bien représentatif des abbés de cour des xviie et xviiie siècles. Né le 4 février 1633, (il mourra le 4 février 1702), élève des jésuites et de Vincent de Paul puis formé au droit à Orléans, il est un temps conseiller au Parlement de Metz avant de séjourner à Rome. Très vite il se retrouve abbé de Saint-Martin d'Autun et des abbayes du Jard, près de Melun, de Ham, dans le Pas-de-Calais, de Sorèze dans le Tarn, et de Vézelay. De 1659 à sa mort, il est évêque comte d'Agde. Parmi bien d'autres fonctions, il sera aumônier du roi, ce qui ne le protégera pas de la disgrâce liée à celle de son frère. Vint-il jamais à Vézelay ? Son éventuel passage n'y a guère laissé de traces, à la différence de son prédécesseur érard de Rochefort (abbé de 1601 à 1630) qui avait fait restaurer l'abbatiale encore marquée par les dégâts des guerres de Religion et fait venir les ursulines à deux pas de l'abbaye.

Le cardinal Pierre-Paul de Tencin (1679 ou 1680-1758), formé au séminaire de l'Oratoire, est lui plus théologien que courtisan. Sa conduite d'habiles négociations lors de l'élection du pape Clément XI lui vaut une récompense de la part de Louis XIV : l'abbatiat de Vézelay, le 15 avril 1702 ; une charge qui « vaut » 12 000 livres de revenus et qu'il occupera jusqu'à sa mort. Mais ce n'est qu'une étape bien modeste dans la carrière de celui qui sera aussi brillant archevêque de Lyon. Un prélat « qui sut mêler la vie de cour avec un véritable engagement en faveur des pauvres, les intrigues avec la compassion ». Son successeur, l'abbé Berthier (abbatiat de 1759 à 1769) s'attache en revanche à Vézelay : il fait entreprendre la construction d'un nouveau logis abbatial, ce qui témoigne au moins de sa volonté de séjourner dans son abbaye.

Le Bascle d'Argenteuil fut le dernier abbé de Vézelay, de 1769 à 1793. Il affronta les confits de la Révolution et en fut victime : bien que « charitable, pieux et savant », il fut arrêté et mourut détenu à Paris. Il avait lutté contre la municipalité et le maire Rameau. Ce dernier fut très actif à la veille de la Révolution et participa, avec le juriste Lanvin de Montplaisir, à la rédaction des cahiers de doléances de Vézelay. Janséniste devenu « apôtre de la liberté » à Vézelay, Montplaisir sera guillotiné à la suite de Robespierre.

 jp_tencinPierre-Paul de Tencin

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Vauban

La grande figure de l'époque dans la région de Vézelay appartient cependant à un tout autre registre : c'est Sébastien le Prestre de Vauban (1633-1707), maréchal de France, né à Saint-Léger et acquéreur en 1678 du château de Bazoches, voisin de Vézelay, où il aimait se retirer. Lorsqu'il était ingénieur du roi après s'être illustré par les armes, Vauban y établit un atelier de dessin pour concevoir quelques-unes de ses plus célèbres fortifications. Il est entre autres écrits l'auteur d'une Description de l'élection de Vézelay (1696), l'un des premiers ouvrages d'économie politique dans lequel il met en évidence la misère de la condition paysanne, et de la Dîme royale, où il propose une réforme du système fiscal. Vauban est inhumé dans la petite église de Bazoches, son cœur ayant été, à la demande de Napoléon, transporté à Paris et placé dans un mausolée sous le dôme des Invalides.

François Friant, son intendant, se fera construire une vaste et belle maison à Vézelay, peut-être pour servir de rendez-vous de chasse. Elle passera ensuite aux Borot (voir ci-dessous) et deviendra l'actuel hôtel de ville. Au pied de cette maison, une autre belle construction fut l'habitation de Edme-étienne Desfourneaux, (1767-1849), général d'Empire né à Vézelay, dont on peut lire le nom gravé sur l'Arc de Triomphe, à Paris, parmi 660 héros militaires de l'épopée napoléonienne.

Loin du fracas des armes, deux hommes de la fin du xviiie siècle ont atteint les sommets de la vie religieuse, accédant au rang de bienheureux. Né à Vézelay en 1748, Georges-Edme René est ordonné prêtre et devient chanoine de la basilique à 21 ans. à la suite de la suppression du chapitre (la communauté, ou collège des chanoines) et de la fermeture de l'église en 1790, les dix chanoines sont arrêtés malgré les protestations de la population et incarcérés à Auxerre. Au bout d'un an, ils sont condamnés à la déportation. 

 

Plusieurs sont envoyés sur les pontons de Rochefort (des navires désarmés) dans l'embouchure de la Charente ; 829 prêtres y passent de longs mois dans des conditions terribles, certains surmontant l'épreuve par une intense vie spirituelle. En septembre 1794, Georges-Edme René est transféré sur l'Île Madame où il meurt le 2 octobre 1794. Le 1er octobre 1995, le pape Jean-Paul II l'a béatifié avec 63 autres prêtres martyrs : il est désormais le bienheureux Georges-Edme René.

Jean Bernard Rousseau, lui, naquit le 21 mars 1797 à Annay-la-Côte, près d'Avallon. Il passa son enfance à Tharoiseau, avec Vézelay pour horizon. En 1822, il entre chez les frères des Écoles chrétiennes sous le nom de frère Scubilion. Onze ans plus tard, il est envoyé comme missionnaire à l'île Bourbon (future île de la Réunion), où il enseigne aux enfants mais aussi aux esclaves, au risque de se faire très mal considérer par les riches planteurs. Avec les autres clercs de l'île, il prend une part active à l'abolition de l'esclavage (1848 dans l'île) et poursuit son apostolat et son œuvre sociale auprès des affranchis. Il meurt à Sainte-Marie de La Réunion le 13 avril 1867 et est vénéré aujourd'hui encore dans toute l'île et par les communautés de Réunionnais de la métropole. Il est béatifié par le pape Jean-Paul II le 2 mai 1989.

 

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En collaboration avec L'association-Fondation Christian et Yvonne Zervos et avec une conférence de Luc-Régis Gilbert

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