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Les hommes de renouveau


mériméeLe renouveau de Vézelay, dans la seconde moitié du xixe siècle, fait apparaître quelques personnages intimement liés à l'histoire locale ; ils posent les bases du Vézelay contemporain, haut lieu de la culture et du tourisme. On se doit de rendre hommage à l'écrivain Prosper Mérimée (1803-1870) qui, peu après avoir été nommé inspecteur général des Monuments historiques (fonction créée en 1830), fut le « redécouvreur » de Vézelay.

 

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Charles Forbes de Montalembert

Rapidement, et notamment grâce à l'intervention du comte de Montalembert, les conditions d'une restauration se mettent en place. Influent homme politique libéral, Charles Forbes de Montalembert (1810-1870) est un romantique, intellectuel et mondain ; il est membre de la Chambre des pairs, député, académicien ; en 1841, il achète et restaure le château de la Roche-en-Brénil, entre Avallon et Saulieu. Grâce à lui, Mérimée obtient un crédit de 80 000 francs pour la restauration de l'édifice. Mais les plus brillants architectes spécialisés (Caristie, Duban) renoncent au chantier, le premier grand chantier des Monuments historiques. C'est alors que Mérimée confie ce travail extrêmement difficile, qui durera une vingtaine d'années, au jeune Viollet-le-Duc. 

Né le 27 janvier 1814 à Paris, Eugène Viollet-le-Duc est le fils d'un conservateur des résidences royales à l'Intendance générale de la liste civile, Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc se forme à l'architecture presque comme un autodidacte, sans passer par l'école des Beaux-arts. à une authentique passion pour le dessin, qu'il pratiquera avec un indéniable talent, et pour l'architecture, dont il sera un théoricien précurseur de l'art nouveau et des techniques d'utilisation du fer et de la fonte, il joint un goût exceptionnel pour le Moyen Âge.

 

Il contribue à sortir cette époque artistique de sa vision romantique, faisant toujours preuve d'un esprit respectueux, rationnel et quasiment scientifique. Autant de caractères qui marquent ses nombreux écrits illustrés de talentueuses œuvres de sa main ; parmi eux, on peut citer le fameux et monumental Dictionnaire raisonné de l'architecture française du xie au xvie siècles, 10 volumes publiés de 1854 à 1868, les six volumes du Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carolingienne à la Renaissance (1858-1870), les Entretiens sur l'architecture (1858-1872), les Histoire d'une Maison (1873), Histoire d'une ville et d'une cathédrale (1874), Histoire d'une forteresse (1874) ; il est en outre l'auteur d'une très abondante correspondance.

Ami de Sainte-Beuve et de Prosper Mérimée, c'est tout naturellement à lui que ce dernier s'adresse pour la restauration – le sauvetage – de la Madeleine de Vézelay, premier des très importants chantiers de restauration que conduira le célèbre architecte, le plus souvent avec un soin méticuleux et une ténacité remarquable face aux autorités administratives et aux bailleurs de fonds. Ainsi en sera-t-il à la cité de Carcassonne, Notre-Dame de Paris, la basilique de Saint-Denis, le Mont-Saint-Michel, les cathédrales d'Auxerre, de Clermont, de Lausanne, aux châteaux de Coucy et de Pierrefonds, etc. Partout il appliquera le même principe : « Restaurer un édifice, ce n'est pas l'entretenir, le réparer ou le refaire, c'est le rétablir dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé à un moment donné. » Principe qui suscitera bien des querelles d'école et entraînera de la part de certains la critique, rarement justifiée, de recréations qualifiées parfois d'excessives ou fantaisistes.

 

viollet le duc

Viollet-le-Duc

Ces considérables chantiers n'empêchent pas Viollet-le-Duc de conduire parallèlement des créations personnelles, châteaux, villas, églises, écoles, immeubles parisiens, sans qu'il cesse de s'intéresser également aux arts décoratifs ou au mobilier dont il dessinera maintes réalisations. Emporté dans des querelles avec l'académisme et l'école des Beaux-Arts, où beaucoup le jalousaient, il contribuera à la création de l'école spéciale d'architecture dite « du boulevard Raspail » (1865).

On évoque rarement l'un des collaborateurs de Viollet-le-Duc qui laissa pourtant une empreinte bien visible à Vézelay, avant de travailler avec lui sur des chantiers aussi importants que celui de Notre-Dame-de-Paris : le ferronnier Pierre-François-Marie Boulanger, à qui l'on doit, à Vézelay, sur des dessins de l'architecte, les serrures et pentures des portes entre narthex et nef.

La restauration de la basilique marque le début d'un nouvel âge pour Vézelay qui, dès lors, attire touristes et artistes autant, sinon plus, que les pèlerins. En 1845, le notaire Hubert Borot (1800-1868) achète la maison Friant. Issu d'une famille de juristes, avocats ou notaires, attestée depuis longtemps en Avallonnais, il sera maire de Vézelay de 1854 à 1868. En 1925, Madame veuve Adrien Borot léguera son hôtel à la commune de Vézelay, sous réserve d'y installer l'hôtel de ville, un musée et une bibliothèque. C'est donc aux Borot que l'on doit l'aménagement de cette demeure, effectivement devenue l'actuel hôtel de ville, sa décoration Napoléon III et l'ensemble de tapisseries anciennes (Flandres et Aubusson, xvie, xviie et xviiie siècles) ornant deux salons.

Rue du Chapitre, dans une ancienne maison de chanoine qu'il italianise au goût du jour à partir de 1851, réside un ami de Viollet-le-Duc, le peintre Adolphe Guillon (1829-1896), paysagiste qui abandonne la Côte d'Azur au profit de la colline bourguignonne. Il réalise de nombreuses œuvres appréciées, dessins ou peintures (bel ensemble au musée d'Avallon), ayant pour sujet Vézelay et ses abords. Conseiller municipal républicain, il participe à la création d'une bibliothèque municipale et, grâce à des dons et legs complétant ceux des Borot, à l'établissement d'un éphémère musée cantonal. Habitant de la même rue, l'architecte Hector Degeorges réalise, lui, de délicates aquarelles de Vézelay entre 1880 et 1900.

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