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Le foisonnement culturel du XXeme siècle

En 1919, Mgr Chesnelong, archevêque de Sens, soucieux de redynamiser le pèlerinage de Vézelay, nomme à la charge de curé doyen un homme à la forte personnalité et plein de projets pour une telle mission : le chanoine Marie-Augustin Despiney. Un an plus tard, le renouveau spirituel de l'endroit est confirmé quand l'ancienne église abbatiale, paroissiale depuis la Révolution, reçoit le titre de basilique ; une reconnaissance de son rôle insigne dans la chrétienté, et un encouragement pour le chanoine à aller de l'avant.

Natif de Tharoiseau, à la fois homme d'action, érudit et pieux, auteur d'ouvrages de spiritualité et d'histoire religieuse (Le chemin de la foi d'après saint Augustin, 1930 ; Guide-album de Vézelay, 1930 ; Le narthex de Vézelay, église des pèlerins ; ‎Madame Royer, confidente du sacré-cœur, 1930 ; L'âme embrasée de saint Bernard, 1947, etc.), il sera curé de Vézelay durant vingt-cinq ans. S'il ne pourra mener à bien tous ses projets (notamment l'établissement d'un collège au Chapitre), il parviendra à redonner sa dimension de haut lieu catholique à Vézelay, organisant de nombreux pèlerinages, offrant l'orgue et faisant réaliser les statues de Marie Madeleine et de saint Bernard. Cela non sans susciter oppositions et jalousies qui culmineront avec le traitement qui lui sera infligé à la Libération, suite à des comportements contradictoires durant l'Occupation ; un sujet loin d'être apaisé encore aujourd'hui.

Mais à Vézelay comme ailleurs, rien n'était simple en ces temps difficiles, et beaucoup ignoraient alors, bien sûr, que l'école des sœurs (auj. Centre Sainte-Madeleine) abritait de petites élèves réfugiées juives accueillies par sœur Léocadie (Marie Arnol, 1880-1952), élevée au rang des Justes parmi les Nations par l'état d'Israël.

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Pierre-Etienne flandin 

 

On ne peut évoquer le xxe siècle en Vézelien sans citer une famille qui, pour n'être pas « de Vézelay », contribua largement à la vie locale en s'illustrant dans la vie politique : les Flandin, de Domecy-sur-Cure. Avocat, étienne Flandin (1853-1922) fut député de l'Yonne de 1893 à 1898 puis de 1902 à 1909, avant d'être sénateur des Établissements français de l'Inde et résident général de France à Tunis. L'un de ses fils, Pierre-étienne Flandin (1889-1958), fut élu député de I'Yonne en 1914. En 1919, il fut le premier sous-secrétaire d'État à l'aéronautique et aux transports aériens. Il créa également l'Office national de la météorologie. Après avoir occupé dix postes ministériels, il devint en 1934 Président du Conseil. Farouche opposant au Front populaire, il approuva les accords de Munich puis fut, en décembre 1940, mais pour moins de deux mois, ministre des Affaires étrangères du maréchal Pétain. Il entreprit alors des négociations secrètes avec les Alliés. Son neveu Paul Flandin (1917-2005), maire de Domecy-sur-Cure de 1953 à 1971, fut conseiller général de l'Yonne. Il fut aussi le créateur des parcs naturels régionaux et le premier président de celui du Morvan.

 

Cependant les personnalités les plus marquantes du siècle passé à Vézelay ne relèvent ni de la sphère religieuse, ni de la politique, mais du monde artistique, littéraire et culturel.

Germain Debré (1890-1948), fondateur de l'association des Amis de Vézelay en 1932, est bien représentatif de ces gens de culture pour qui Vézelay est à la fois un haut lieu et un lieu de retraite et d'inspiration. Architecte formé à l'école des Beaux-arts, il est le fils du grand rabbin de la synagogue de Neuilly et l'un des frères du célèbre médecin Robert Debré. En 1924, il travaille notamment pour la communauté juive (plusieurs synagogues) puis est architecte des Bâtiments publics et palais nationaux. Lié au milieu scientifique, il réalise entre autres l'institut Curie à Paris et plusieurs chantiers pour le Commissariat à l'énergie atomique (plan-masse de Saclay), ainsi que dans le cadre de l'Exposition internationale de 1937 ; il collabore aussi à la réalisation du Palais de la Découverte. Marqué par le mouvement moderniste de l'entre-deux-guerres, il est également un artiste subtil, réalisant d'attachantes aquarelles de la vie des tranchées durant la guerre de 1914 ou de paysages du Vézelien.

Mais dans l'immédiat après-guerre, de nombreuses personnalités des arts et de la culture ont marqué Vézelay de leur empreinte.

Jésuite, philosophe théologien et homme d'action, aumônier dans les tranchées puis très impliqué dans le mouvement des scouts routiers, Paul Doncœur (1880-1961) fut le principal promoteur du pèlerinage de la Paix organisé en 1946 à Vézelay (on parlait alors de « croisade de la Paix »), où il résida quelque temps. Marqué par les idées de Péguy, on lui reprochera d'avoir associé son souci du renouveau d'une France catholique aux principes de la révolution nationale du maréchal Pétain. Il avait été au noviciat des jésuites le compagnon de Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), dont le nom fut indirectement associé à Vézelay dans les années 1960. Sa collaboratrice et légataire universelle Jeanne Mortier (1890-1982) organisa en effet à Vézelay les premières sessions de l'association Teilhard de Chardin, de 1960 à 1969 puis en 1971 et 1977, d'abord dans la maison de Romain Rolland (dont Jeanne Mortier était proche) puis dans des locaux municipaux. 

Le soir, la reine Marie-José d'Italie, membre d'honneur de l'association, accueillait les conférenciers du jour à l'hôtel de la Poste et du Lion d'or, établissement qui reçut par ailleurs bien des célébrités entre les années cinquante et soixante-dix, de la reine Marie de Yougoslavie en passant par le prince et la princesse de Norvège, le prince Albert et la princesse Paola pour ne citer que quelques membres du Gotha auxquels il faudrait ajouter une longue liste de personnalités des arts et du spectacle.

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Paul Doncoeur


 

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