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La basilique de Vézelay

Ce n'est pas le lieu ici d'en faire une analyse historique et structurelle complète, dont on trouvera facilement l'essentiel dans tous les guides touristiques en circulation.

Rappelons simplement quelques chiffres importants :

  • longueur hors tout, du perron au chevet, environ 125 mètres ( il n'y a que 500 mètres entre la porte du Barle à l'entrée de l'agglomération et le perron de la basilique , mais ça monte...).
  • = largeur hors tout de la nef romane et des bas-côtés, non comprise la saillie des contreforts, environ 25 mètres
  • = hauteur intérieure de la voûte romane, environ 18 mètres.

 

Rappelons aussi quelques dates approximatives en parcourant l'édifice d'Ouest en Est :
Basiliquela façade principale donnant sur le parvis se compose, au sommet d'un perron de quelques marches, d'une partie inférieure percée de trois portails en plein cintre, un grand portail central cantonné de deux plus petits pour les bas-côtés.
De part et d'autre de la grande fenêtre gothique située au-dessus du portail central, les infrastructures de deux tours, dont seule celle du Sud, la tour Saint Michel, existe. Il s'agit là d'un style roman très sobre et puissant qu'on peut dater du milieu du XII° siècle - 1140 / 1150 - recomposé et modifié par Viollet-le-Duc au XIX° siècle.
Le tympan sculpté du portail central, si souvent photographié par les touristes, est une création de Viollet-le-Duc, composition assez sèche, réalisée dans une pierre très claire et dure qui, au bout de 150 ans, donne l'impression de dater d'hier ( on peut voir, adossé à l'édifice sur la façade Sud à l'emplacement du cloître les pierres martelées de l'ancien tympan ).
La grande paroi centrale de forme ogivale au-dessus du portail central, avec ses verrières de hauteurs décalées et ses statues décorant la partie pleine supérieure est une composition assez originale qui date du milieu du XIII° siècle. On peut donc imaginer que Saint Louis, venu plusieurs fois à cette époque en pèlerinage à Vézelay, ( dont la dernière fois sur la route d'Aigues-Mortes d'où il s'embarquera pour aller mourir à Carthage ) pénétrait dans la basilique soit par une porte latérale, soit en franchissant des échafaudages, comme nous le faisons aujourd'hui en 2011 pour passer du Narthex à la Nef.
narthex_basiliquele Narthex ( trois travées voûtées d'arêtes avec une galerie d'étage sur trois côtés ) date de la campagne du milieu du XII° siècle, complété et remanié avec art par Viollet-le-Duc.
Il constitue en lui-même une pré-église, lieu de "mise en condition" avant de pénétrer dans le sanctuaire, où se forment les processions, où se déroulent les cérémonies préliminaires aux baptêmes, lieu ouvert aux catéchumènes et aux non-baptisés.
Quatre piliers y déterminent une nef centrale, des tribunes surmontant les bas-côtés communiquant par une tribune centrale, laquelle voûtée par une croisée d'ogive qui passe pour être l'une des plus anciennes. À la différence de la nef qui va suivre, les arcs adoptent ici la vigueur de l'arc brisé au lieu de la douceur du plein cintre.
C'est sur la façade romane qui sépare le narthex de la nef que se situent le grand tympan central et les deux tympans latéraux qui font la gloire de Vézelay, leçon magnifique et toujours renouvelée de la sculpture romane.
Nefla Nef . Dix travées séparent le grand portail de la croisée du transept. La dernière de ces travées, plus haute que les neuf autres, est voûtée en croisée d'ogive, comme le transept et le chœur. La nef centrale,éclairée par des jours hauts, est flanquée de bas -côtés établis sur plan carré, éclairés eux aussi par des jours inférieurs. Les arcs doubleaux, qui séparent les travées les unes des autres, et ceux qui séparent la nef des bas-côtés, en plein cintre, sont composés de claveaux alternativement de couleur claire et de couleur plus foncée, qui caractérisent bien cet édifice.
Amplitude calme, grande simplicité apparente masquent en fait la rigueur d'une composition très savante. La nef, orientée Ouest / Est est accompagnée au Nord et au Sud par des bas-côtés aux proportions magnifiques. On s'accorde pour dater cette partie majeure de l'édifice des années 1120 à 1140.
CheminNefOn a souvent parlé des emplacements et des dimensions des baies hautes de la façade Sud qui donnent tout au long de l'année aux dates importantes du cycle solaire, en fonction de la hauteur du soleil sur l'horizon, des coups de lumière sur la paroi Nord, soit sur les chapiteaux hauts, soit sur les chapiteaux bas, soit sur les bases des colonnes, soit enfin, et c'est là le plus spectaculaire, la ponctuation d'un chemin de lumière dans l'axe de la nef au solstice d'été, le 21 juin à midi, heure solaire...
On peut s'interroger sur ce que serait devenue cette savante horlogerie cosmique si la reconstruction gothique réalisée pour le chœur et la croisée du transept avait été poursuivie... Il faudrait un jour recenser les trésors d'architecture qui sont parvenus jusqu'à nous grâce aux abandons de programme, qu'ils soient dus aux vicissitudes de l'histoire ou aux manques de crédits...
L'écrivain Prosper Mérimée, un des tout premiers inspecteurs d'un service des Monuments historiques qui venait d'être créé, a raconté que pendant qu'il dessinait dans la basilique qu'il venait inspecter, l'état de délabrement était tel qu'il entendait des pierres se détacher de la voûte et tomber au sol. Convaincu qu'il fallait agir très vite pour sauver un édifice aussi important et remarquable avant qu'il ne soit trop tard, il réussit à persuader l'État qu'il fallait d'urgence engager des travaux de sauvegarde et de restauration. Mais les architectes confirmés spécialisés dans ce genre de travaux s'étant récusés les uns après les autres en jugeant qu'il était trop tard pour intervenir, Mérimée s'adressa au fils d'un de ses amis qui n'avait que 27 ans, Eugène Viollet-le-Duc. Celui-ci, avec une certaine dose d'inconscience et une magnifique confiance en lui-même, releva le défi : ce fut le début d'un chantier de 20 ans, et aussi le début de la magnifique et passionnante carrière d'un être exceptionnel.


arcs boutants basiliqueMalgré des tirants en fer placés depuis longtemps à la base des arcs en plein cintre ( on peut encore en voir l'accroche à la base des arcs proches du narthex ), et malgré la construction maladroite d'arcs boutants extérieurs inefficaces et même aggravant le problème, les voûtes poussaient vers l'extérieur et tendaient à écarter les murs Nord et Sud, vouant l'édifice à terme, et ce terme était proche, à un effondrement total.
Les quatre travées proches de la croisée du transept avaient été, comme l'est encore la dernière de celles-ci, surélevées et voûtées en croisée d'ogive... Viollet-le-Duc eut l'intelligence, et le culot, de rétablir la disposition romane antérieure, conservant à la nef toute son unité, avant le passage au nouveau style - gothique - pour le chevet de l'édifice.
Dans toute cette partie de l'édifice, se poursuit, aux deux niveaux de chapiteaux, la grande leçon de sculpture romane engagée aux tympans du Narthex, scènes de l'ancien et du nouveau testament, allégories de toutes sortes , grand livre ouvert pour la propagation de la Parole et du Message.
croisees_de_voute Croisée du transept, Chœur et Chevet . Le contraste est saisissant entre la clarté douce de la Nef de pierre patinée et dorée, nuancée par endroits de tons cendrés, verts très tendres ou roses, et l'architecture blanche, élancée et inondée de lumière du chœur et du chevet. L'ordonnance en reste simple : les colonnes entourant le sanctuaire surélevé supportent des groupes de colonnettes qui entourent les ouvertures d'une galerie d'étage, le triforium, et les grandes baies par où la lumière inonde la blancheur de la pierre. Autour du chœur, une galerie ou "déambulatoire" dessert les chapelles rayonnantes du chevet. le tout couvert par le nouveau style de voûtes, les croisées d'ogives, qui permettent de traiter de façon élégante les surfaces trapézoïdales du déambulatoire ou semi-circulaires des chapelles. Datation, 1185 à 1215 environ.
La sculpture didactique a disparu, tout devient méditation intérieure. Après la nef où les idées de cheminement et de procession dominent, le rythme devient ici ascension.
 

image19La basilique et ses abords. Il ne reste que peu de vestiges de cette abbaye jadis si importante dont on connaît mal le développement sur le terrain. Subsiste le bâtiment accolé au transept vers le Sud, ancienne salle capitulaire et sacristie à rez-de-chaussée, avec à l'étage une partie d'un ancien dortoir transformé aujourd'hui en Musée lapidaire. Un peu plus loin vers le Sud subsiste dans un beau jardin privé un pan de mur qui serait un reste du Réfectoire. Une maison isolée au Sud a gardé le nom de Doyenné et des constructions au Nord parallèles à l'église abritaient les logements tous semblables des sept chanoines du Chapitre et des quatre "semi-prébendés" chargés du culte depuis le milieu du XVIII° siècle jusqu'à la Révolution. Ces demeures sont devenues des propriétés privées. Rien ne subsiste en particulier du Palais des Abbés situé en bordure du grand quinconce de tilleuls planté derrière le chevet. De la terrasse dite du "Château", la vue vers le Morvan au Sud est exceptionnelle.

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Au calendrier

Conférence de Philippe Beyney
Vézelay et Saint-père : deux façades, deux véritables vitrines d'une même abbaye au XIIIe siècle. Lieu : Salle des fêtes de...
Conférence de Jean-Baptiste Auberger
La Cordelle et Vézelay Lieu : Couvent de la Cordelle de Vézelay
Assemblée générale de l'Association
Lieu : salle des fêtes de Saint-Père
Visite des forges de Buffon
En collaboration avec L'association-Fondation Christian et Yvonne Zervos et avec une conférence de Luc-Régis Gilbert

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