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La Porte Neuve comme palimpseste

 de Philippe Dangles et Nicolas Faucherre

La perspective d'une nouvelle campagne de restauration de la porte Neuve de Vézelay, ouvrage le plus emblématique de Vézelay après la Madeleine, nous donne l'occasion d'en préciser la chronologie.

1_gn_PhilOuverte dans un décrochement du front nord de l'enceinte urbaine, elle s'inscrit ainsi bien en face du flux montant depuis l'église Saint-Jacques d'Asquins, lieu traditionnel du rassemblement des pèlerins vers Compostelle, et du site champêtre de la Cordelle, où Saint-Bernard a prêché la croisade en 1146. La porte est dite « Neuve » car elle est probablement venue doubler sur ce front nord la grande porte Sainte-Croix, percée sur l'itinéraire le plus direct, mais aussi le plus escarpé, entre la Madeleine et la Cordelle. Ce dédoublement des accès septentrionaux de la ville perchée — quand bien même la porte principale, dite du Barle, posée au col occidental de la colline, sous la protection de l'église Saint-Etienne, continue d'être la plus fréquentée — est un marqueur probable de l'importance croissante du pèlerinage à la pécheresse repentie au cours des XIIe et XIIIe siècles 2.

On ne sait rien de cette porte avant le second XVIIIe siècle, période durant laquelle la rampe qui la précède fait l'objet de travaux d'entretien incessants ; un abreuvoir (disparu vers 1950) y est creusé, les vantaux en sont vendus en 1800, avant que le corps de garde en soit loué par la ville à un charpentier, puis confié au pâtre communal, tandis que la grosse tour sert de latrine3. En 1875, le conseil municipal, constatant que « la porte Neuve se présente toute entière aux touristes avec les deux grosses tours écornées par les boulets », en obtient le classement au titre des monuments historiques4. Après tergiversation de la mairie écrasée par la charge de la restauration qui lui incombe, d'importants travaux vont être réalisés, suite à un premier projet en 1888 de l'architecte Bœswilwald, à partir de 1904 par les architectes Louzier, Nanousky et Vertu : reprise des parements bossagés et étanchéité des couronnements. Depuis 1932, après avoir servi d'asile de nuit pour les vagabonds, la porte reçoit des expositions temporaires et sert de local associatif. 1971 voit le déblaiement de 420 m3 de gravats dans la galerie d'escarpe de la porte, par des équipes de jeunes Concordia sous la houlette de l'entreprenant abbé Bernard Lacroix.

tour_porteneuveLa porte telle qu'elle apparaît aujourd'hui se présente dans son état final, qui constitue la troisième phase de construction : un passage de 2,20 m de large, à trois séries de vantaux et deux herses, flanqué par deux tours bossagées percées d'embrasures à la française, de respectivement 11 et 5 m de diamètre, le tout ceint de consoles de mâchicoulis. Cette porterie du début du XVIe siècle est venue sertir deux phases antérieures, que nous étudierons successivement : le grand arc absorbé de la porte médiévale, associé à une courtine de grand appareil, d'une part, une galerie d'escarpe de 50 m de long doublant cette courtine et offrant des feux de revers sur le seuil, d'autre part.

 

Voici les  3 phases de construction.

Phase 1, une porte processionnelle romane. cliquer  ici

Phase 2, une galerie témoin des luttes franco-bourguignonnes cliquer ici

Phase 3, la porte des années 1510,  cliquer ici

 

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