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Les logements d'artistes rue de la Porte Neuve

Les logements d'artistes rue de la Porte Neuve

images_1Jean Badovici achète d'abord deux premières parcelles en 1927, puis il complètera son acquisition en 1932 par une autre maison mitoyenne.

Son but est de les transformer en logements pour artistes. Sans doute a-t-il en tête la vie en communauté, qu'il a peut-être expérimentée, au Monte Verita, près d'Ascona, sur les rives du lac Majeur, dans le Tessin, où une colonie d'artistes s'est installée dès la fin du XIXème siècle, et y vit selon les principes végétariens, naturels, naturistes, en communion avec la nature, dans un rejet du monde industrialisé. Un mode de vie « alternatif », pourrait-on dire aujourd'hui.

 

On trouve au Monte Verita des danseurs, des écrivains, des penseurs, des philosophes, c'est toute l'Europe de l'avant-garde qui y défile au début du XXième siècle.

Ont, notamment, séjourné à Ascona :

- la plupart des membres du Bauhaus, Gropius, Moholy-Nagy, Klee et Schawinsky.

- des membres du mouvement Dada : Ball, Hennings, Richter, Arp

- des psychiatres : Otto Gross, Else Lasker-Schüler, René Schikele et Carl Gustav Jung

- des peintres : Arthur Segal, Marianne von Werefkin, le russe Alexej Jawlensky, Otto van Rees et Ayda van Rees

- Ernst Frick : anarchiste suisse et ancien ouvrier.

- le leader du mouvement ouvrier hollandais Ferdinand Domela Nieuwenhuis et son fils César Domela peintre constructiviste

- des écrivains comme Leohnard Frank , Stefan Georges, Ivan Goll, Hermann Hesse, Thomas Mann, André Gide, Erich Maria Remarque, Emil Szittya, Ernst Toller, Richard Seewald

- des anarchistes comme Mühsam, Friedeberg, Kropotkine, Bakounine, Ernst Frick , Max Nettlau, Gustav Landauer

- Henri Oedenkoven fils d'un gros industriel d'Anvers et son épouse Ida Hofmann : le fondateur de la Cure du Monte-Verita. C'est dans sa maison que se trouve le musée du Monte-Verita.

- Rudolf Steiner avec son école de théosophie

- Les danseuses et danseurs Isidora Duncan de San Francisco, Mary Wigman, Charlotte Bara, Alexander Sacharoff.

- Eduard von der Heydt, la Baronne Franziska von Reventlow et la photographe Margarethe Fellerer.

Tout ceci rejoint le mouvement hygiéniste, le culte du corps, du sport, l'apparition de la danse contemporaine et de multiples formes d'expression. On trouvait dans l'une de ces maisons une petite scène, qui a suscité beaucoup d'interrogations. C'est aussi une préoccupation constante d'Eileen Gray, qui transparaît dans ses meubles, son design : une grande attention aux gestes, à favoriser la liberté du corps, que ce soit sur un fauteuil, au salon, dans les pièces de service, au lit (tablettes qui se rétractent, plateaux qui se déplient, tiroirs astucieux, etc).

Ces maisons ont la même échelle que celle de « Bado » : étroites, serrées les unes contre les autres, avec un jardin à l'arrière. Badovici et Gray relient les espaces intérieurs entre eux, ajoutent des escaliers entre les niveaux. On trouve une cuisine centrale, commune, puisque l'on vit en collectivité, mais les étages disposent de plus d'intimité. En façade, grâce aux dessins prêtés par l'actuel propriétaire qui a acquis l'ensemble en 1960, les modifications apportées par Badovici sont bien identifiées : il re-proportionne les percements, reconstruit l'escalier d'accès. Ce sont des modifications mineures, qui ne se remarquent pas d'emblée.

Caroline Constant, la biographe d'Eileen Gray voit, elle, des traces signant la participation de la designer à ce projet : on remarquerait toujours la grille décentrée et percée de trous dans les portes de bois de la cave et le traitement similaire des portes d'un garage situé de l'autre côté de la rue (mais qui n'a jamais servi, du fait d'une différence de niveau importante avec la rue). Eileen Gray aurait conçu les mêmes pour la façade de sa boutique parisienne.

 

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