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Une patiente renaissance (1850-1950)

Vezelay2Bien que la nécessité d'importants travaux sur l'église soit constatée au tout début du XIXe siècle, ce n'est que dans les années 1830 que s'amorce le renouveau de Vézelay. Ce n'est plus alors la foi qui mobilise l'intérêt pour le lieu, mais l'art et la sensibilité naissante à ce que l'on appellera plus tard le patrimoine. C'est aussi le temps où naît une pratique nouvelle qui va faire revivre Vézelay : le tourisme. De nouveaux « pèlerins » reviennent alors vers la colline, qui mû par la quête spirituelle, qui par le goût de l'histoire, qui par l'appétit de beauté. La grande église attire à nouveau, mais aussi le site même de Vézelay et de ses alentours, que l'on découvre comme « pittoresque ».

L'action de Mérimée.

En 1834, lors de l'une de ses premières tournées à travers la France en tant qu'inspecteur des Monuments historiques, un poste tout juste créé par Guizot en 1830, Prosper Mérimée est sensible à l'intérêt historique et artistique de l'église de Vézelay, autant qu'à son état de péril, augmenté par les dégâts d'un incendie de la tour Saint-Michel survenu en 1819.

L'heure est pourtant à la vénération du Moyen Âge gothique face au mépris ou à l'ignorance de l'architecture et de la sculpture romanes. Mais appuyé par le comte de Montalembert, pair de France, parlementaire et tenant du catholicisme libéral, il obtient les crédits pour une vaste campagne de restauration, à laquelle renoncent les architectes spécialisés les plus notoires...

Corot

Vézelay entre dans l'Art : Jean-Baptiste Corot, Portail intérieur du narthex de l'église de la Madeleine à Vézelay, Paris ; musée du Louvre, département des Arts graphiques (cliché RMN).

L'œuvre de Viollet-le-Duc.

Viollet-le-Duc, par Nadar (d.r.).

Les travaux commencent pourtant en 1840, année où la basilique est classée Monument historique ; ils sont conduits par un jeune homme de 26 ans, passionné et qui mène là son premier grand chantier de restauration : Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879).

BasiliqueRestauration

La façade de la basilique avant sa restauration, dessin aquarellé de Viollet-le-Duc ; bibliothèque du Patrimoine (d.r.).

On se doit de souligner le sérieux, la rigueur et le respect avec lequel ce dessinateur hors pair va accumuler relevés et études pour réaliser ici une œuvre considérable, indispensable et exemplaire, bien loin des excès que d'aucuns lui reprocheront dans des chantiers futurs.

Non sans difficultés et accidents, avec des techniques parfois audacieuses et au rythme irrégulier du déblocage des crédits, les travaux se poursuivront jusqu'en 1859 pour aboutir à l'état de la basilique telle que nous l'admirons encore aujourd'hui.

Seuls huit chapiteaux seront remplacés, scrupuleusement copiés à l'identique. L'original du tympan de la façade extérieure, malhabilement remplacé par un Jugement dernier par le sculpteur Pascal, sera déposé le long du mur sud de la nef.

Les autres sculptures déposées seront placées dans les tribunes de l'avant-nef, avant d'être présentées au musée de l'Œuvre installé en 1979 dans l'ancien dortoir des moines.

Un nouveau visage.

En 1875 sont classés monuments historiques certains tronçons des remparts (d'autres le seront encore en 1998), tout comme le seront progressivement plusieurs édifices de la ville.

Tout en assumant modestement son rôle de chef-lieu de canton rural où les bestiaux occupent encore souvent le Champ-de-Foire, Vézelay devient un lieu d'excursion et de villégiature que commencent à visiter touristes cultivés, écrivains et artistes (la gare de Sermizelles est ouverte en 1875).

ChampFoire

La place du Champ-de-Foire au début du XXe siècle.

À partir de 1884, le phylloxéra décime les vignes que chacun, ou presque, possède, mais quelques Vézeliens demeurent fidèles à la terre : la dernière vache du pays quittera l'étable à l'aube des années... 1970 !

Peu à peu les retraités et quelques commerçants et artisans constituent l'essentiel de la population permanente, tandis que bien des maisons n'ouvrent leurs volets qu'aux jours d'été. Dans les premières décennies du XXe siècle, Vézelay conforte sa place de haut lieu touristique et culturel ; en 1931 est créée l'association des Amis de Vézelay.

Un sursaut religieux.

Dans une contrée fortement déchristianisée depuis la Révolution – contrecoup de l'emprise ecclésiale médiévale ? – être curé de Vézelay n'est guère facile. De nouvelles reliques de Marie Madeleine, venues de Sens et de Paris, ont été déposées dans la basilique en 1876, justifiant un renouveau des pèlerinages.

Vezelay1946

 

Passée la Première Guerre mondiale, alors que l'église de Vézelay reçoit du Saint-Siège le titre de basilique en 1920, s'impose la forte personnalité du chanoine Despiney qui multiplie les actions de valorisation de son église et des pèlerinages. Auteur d'ouvrages de spiritualité et d'histoire, d'un guide de la basilique, il assumera la charge de curé de Vézelay jusqu'en 1944. 

En 1946, la croisade de la Paix, de grande audience, marque à la fois le huit centième anniversaire de la prédication vézelienne de saint Bernard et le retour de la paix en Europe.

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Lieu : cité de la Voix Présentation par Nicolas Bucher, Directeur

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