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Un long temps d'oubli (XIIIe – XIXe siècle)

OubliA la fin du XIIIe siècle, le pèlerinage de Vézelay n'est plus que l'ombre de lui-même ; Marie Madeleine est vénérée davantage à Saint-Maximin. Pour des siècles, Vézelay entre dans l'oubli, même si les grands ducs de Bourgogne y possèdent un clos de vigne et si François Ier tentera d'en faire... un évêché ! La ville et l'abbaye ont cependant été un enjeu durement convoité lors des guerres de religion et suscitent toujours l'intérêt – à tous les sens du terme... – de ses abbés commendataires, nommés par le roi pour bénéficier des revenus pourtant de plus en plus maigres de l'abbaye et de ses domaines.

La sécularisation

Porte neuve

La porte Neuve, vestige des remparts relevés aux XVe et XVIe siècles (d.r.).

De moins en moins nombreux, avec de moins en moins de ressources, les moines de Vézelay peinent à entretenir une abbaye dont les bâtiments surdimensionnés recouvrent tout le sommet de la colline.

De plus en plus indépendante de l'abbaye, la ville commence à se dépeupler, phénomène qui ne cessera plus. En 1280, Vézelay est rattaché au domaine royal. Le climat troublé des XIVe et XVe s. (guerre de Cent Ans, luttes entre Armagnacs et Bourguignons...), où sont relevés les remparts de la ville, ne fait qu'amplifier le phénomène.

En 1537, par un acte pontifical, l'abbaye est sécularisée : les moines sont remplacés par un collège de quinze chanoines et l'église abbatiale devient collégiale.

TdeBeze

Théodore de Bèze en 1577 (d.r.).

Les guerres de religion

Dans les années 1560, les Huguenots s'emparent plusieurs fois de Vézelay dont les remparts ont été à nouveau relevés à partir de 1537. Théodore de Bèze, humaniste et théologien qui succédera à Calvin à la tête de l'église réformée de Genève, y était né en 1519, son père étant gouverneur de la ville. Pour des années, la violence règne, comme lorsque l'abbé commendataire Odet de Coligny (frère de l'amiral) ouvre l'abbaye aux protestants. Ils la pillent et mutilent certaines sculptures de l'église, la transformant, dit-on, en manège d'équitation et jouant à la balle avec les têtes des frères de la Cordelle !

Les siècles classiques

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Vézelay n'est plus qu'un bourg rural comme tant d'autres, plus pauvre que d'autres même, si l'on en croit les écrits de Vauban, sagace observateur de sa contrée natale (Description de l'élection de Vézelay, 1696). Friant, son intendant local, fait pourtant bâtir à Vézelay sa demeure, l'actuel hôtel de ville, tandis que l'hôtel de ville d'alors (actuelle maison Saint-Bernard) sera édifié en 1776.

DescriptionVauban

Edition moderne de la Description de l'élection de Vézelay, par Vauban (cliché Maison Vauban).

En 1696 aussi est créé l'hospice de Vézelay, par regroupement des maladreries médiévales de Vézelay, Saint-Père, Vauprévoir et Armes. Désaffecté en 1997 après l'échec de tentatives de modernisation, il est aujourd'hui le siège de la Cité de la voix et de l'ensemble vocal Arsys Bourgogne, à l'initiative de la région Bourgogne.

Les abbés commendataires, c'est-à-dire non plus élus par leur communauté mais nommés par le roi, ne sont guère présents, et plutôt de triste mémoire ; ainsi Louis Fouquet (frère du surintendant Nicolas) ou le cardinal de Tencin, dont Saint-Simon trace un portrait peu flatteur. Peu avant la Révolution, on parvient à paver toute la rue principale, tandis qu'un abbé de cour se fait édifier un petit château de plaisance auprès des vestiges du château abbatial médiéval, sur l'actuelle terrasse.

La Révolution

En 1790, le chapitre est supprimé ; arrêtés, les chanoines qui refusent de prêter serment se retrouvent sur les pontons de Rochefort. L'un d'eux, né à Vézelay en 1748, Georges-Edme René, chanoine de la basilique à 21 ans, meurt à l'Île-Madame en 1794 ; il sera béatifié par le pape Jean-Paul II en 1995.

En 1792, le tympan extérieur est méthodiquement martelé et les bâtiments abbatiaux, que l'on avait commencé à démanteler dès 1760, sont vendus et rasés. Par chance, l'abbatiale, bien qu'en piteux état, est sauvée : en 1795, elle devient l'église paroissiale de Vézelay, dont les deux autres églises sont désaffectées puis en grande partie détruites.

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