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La création de l’association pendant l’entre-deux-guerres

5977982535_e27fd3cb4bSans doute la guerre de 1914-1918 et les destructions massives quelle entraîna, mais aussi les reconstructions qu'elle induisit, amenèrent à s'interroger sur ces notions de patrimoine, de paysage, de site. Fallait-il laisser évoluer ? Fallait-il reconstituer ? Où ? Quoi ? Dans quel style ? Dans quelles proportions ? Entrait-on dans une ère nouvelle où l'œil à la main, le regard consumériste des foules à la création artistique de quelques-uns ? Est ce hasard si c'est entre 1928 et 1936 que naquirent les Amis de Vézelay ? Est-ce hasard si l'occasion en fut une affaire de protection de site ? Est-ce hasard enfin si de grands personnages de l'époque se penchèrent sur les destinées de la toute jeune association ?

En fait, on parlait des Amis de Vézelay bien avant leur création, tant semblait nécessaire la présence d'une société capable non seulement de constituer un lien entre les habitants, mais aussi un lieu de réflexion sur la sauvegarde du site, en un temps où il n'était ni classé, ni protégé. Ainsi, lors de l'inauguration du nouvel hôtel de ville légué par la famille Borot, en novembre 1928, le maire de Vézelay exhortait ses concitoyens à s'unir pour embellir les promenades, organiser les abords immédiats de la ville, planter des arbres dans la grande tradition des échevins et édiles du XVIIIème siècle. Et d'ajouter Il faut que dans cinquante ans nos descendant et les visiteurs vous bénissent. Le moyen d'arriver à ces buts ? Une société des Amis de Vézelay serait également souhaitable pour vous aider de conseils éclairés et désintéressées et vous apporter un concours pécuniaire.

Le premier comité se réunit en 1931 et rédigea des statuts qui furent déposés à la sous-préfecture d'Avallon le 5 janvier 1932. Le siège social était fixé au domicile de M Peslier, président. Le 16 janvier 1932, l'association avait enfin une existence officielle avec parution au J.O. Les statuts rédigés par Jean Peslier et le secrétaire M Chauffard, précisaient que l'association constituée pour 99 ans avait pour objet de faire connaître et aimer Vézelay, son histoire, les souvenirs qui s'y rattachent, ses monuments, les joyaux d'art qu'ils renferment, ses environs, les beautés naturelles qu'on y rencontre ainsi que d'aider à la vulgarisation de la richesse nationale que représente Vézelay, à sa conservation, à son développement.

Outre un recrutement avec parrainage assez étroit, on était encore loin de la société savante. Cependant un effort de recrutement fut aussitôt tenté. Pour cela, on fit appel à des personnalités locales ou nationales. Localement, ce furent des notables : le notaire Henri Mollion, Charles Chauffard, président du tout récent syndicat d'initiative. Au plan national, Raoul André, administrateur de la parfumerie Coty, Alphée Dubois aussi, le céramiste Adrien Lesur, Georges Levet, administrateur des Mines Chausson, Léonce-Richard, avocat parisien. On prit le conseil de M Lestel, inspecteur général des monuments historiques. Surtout on se réserva l'appui de Léandre Vaillat, alors fort en cour dans les milieux littéraires.

Ce fut lui qui rédigea une plaquette au demeurant assez couteuse et luxueuse, puisqu'illustrée et imprimée par Draeger, mais qui ne flatterait plus aujourd'hui notre œil habitué à trop de couleur et qui popularisa cette nouvelle association par un article du 16 février 1934 dans la revue Beaux-Arts. Le style fleuri de cette époque peut nous faire sourire, mais il est certain que les adhésions arrivèrent en nombre chez le trésorier, le notaire Edmond Picard. Des cartes postales spéciales avaient été imprimées à cet effet. L'adhésion des personnalités citées ci-dessus ne fut pas sans utilité : deux occasions leur permirent d'appuyer concrètement les Amis de Vézelay.

Dans un premier temps il fallait payer la coûteuse brochure imprimée chez Draeger, pour 5 000 exemplaires, 3 400 francs. Les cotisations courantes oscillant entre 25 et 100 francs, on était loin du compte. Ce fut donc Raoul André qui en régla une partie. L'autre dette, 1 000 francs, fut prise en charge par Pierre-Etienne Flandin, président du Conseil, devenu président d'honneur au terme d'un accord le 20 octobre 1933. Le préfet Alexandre Angeli devint second président d'honneur le 8 novembre 1933. M.Cestac, maire de Vézelay, était aussi président d'honneur depuis la création de la société. Le don de P-E Flandin soulagea les finances à partir du 23 février 1936.

L'autre occasion d'agir consista à faire classer le site de Vézelay. Il n'y avait là qu'à appliquer une procédure, mais une procédure toute récente, puisque la loi créant les sites classés ne datait que du 2 mai 1933. L'urgence précipita les événements. En effet les projets du doyen Despiney pour créer une école dite Saint-Bernard, sur le flanc nord de la colline, au-dessus de la Cordelle, et les plans monumentaux du futur monument, émurent les amis du site. Parmi eux, figurait l'architecte Germain Debré. Du 20 novembre au 12 décembre 1933, ce fut une course de vitesse pour faire agir toutes ses relations. Maurice Degeorges alerta M Maringer, alors président de section au Conseil d'État et président de la commission supérieure de classement des sites. M F. Rousseau, architecte du département, mit en marche la procédure de la commission départementale de classement, M Flandin intervint aussi, ainsi M Pontremoli qui alerta M Laurent, chef de bureau des sites à la direction générale des Beaux-Arts, le 1er septembre 1933. Entretemps, le choix de P-E Flandin et du préfet comme président d'honneur avait conforté la position des Amis de Vézelay. Ils obtinrent gain de cause. Tout travail fut interdit sur le chantier de la future école pour 6 mois à partir du 8 septembre 1933. Dans l'intervalle, le décret de classement fut signé. Germain Debré l'annonce dans une lettre du 3 mars 1934 ; la publication n'en fut faite que le 11 juin 1934, mais l'abbé Despiney avait baissé les bras et les ronces recouvrirent la plate-forme déjà défrichée et les quelques fondations qui se devinent aujourd'hui...

L'affaire fut parachevée en 1935, quand l'architecte départemental F. Rousseau annonça la construction de la table d'orientation symbole de cette protection du site. Sans rancune, l'Abbé Despiney en rendit compte avec nombre de photographies dans son journal Le pèlerin de Vézelay.

Par la suite, les activités décrurent. En 1936, Les Amis de Vézelay furent encore actifs : un projet de fouilles fut élaboré, sans suite. Ils suivirent avec intérêts la mise ne place de l'éclairage rénové, puis l'organisation du Mystère de la Passion de Gréban. La guerre vint interrompre ces activités, disperser les adhérents, mettre fin aux recettes et cotisations.

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