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Les Amis de Vézelay - Bulletin de l'association

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Extrait de Vauban, Démographe visionnaire, bulletin n°70

portrait couleur de VaubanVauban, démographe visionnaire.

Son obsession : accroître la population du royaume.

Extrait de l'article Texte de Michèle Virol

Vauban, on le sait, n'était pas qu'un brillant ingénieur des fortifications. Mais un penseur, en avance sur son temps.Un statisticien, comme l'a montré dans nos colonnes l'historien Joël Cornette.

Mais aussi un démographe passionné:c'est le sujet d'une conférence donnée à la Monnaie de Paris pour le tricentenaire du maréchal par l'historienne Michèle Virol, professeur des universités en histoire moderne.

Vauban démographe, Vauban réformateur, Vauban économiste, Vauban conseiller politique; Vauban précurseur des Lumières ? Ces qualificatifs et d'autres encore pourraient avec raison désigner celui qui est passé à la postérité pour les fortifications que chacun admire. Personnage illustre dont les multiples facettes sont pourtant méconnues, le poliorcète et bâtisseur des places fortes de Louis XIV, Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1633-1707), fut aussi un officier de l'armée royale,responsable d'un service administratif en cours de constitution, celui des ingénieurs du Génie, un observateur de la société doté d'un sens aigu du service du roi et de la France, et l'auteur de nombreux et importants écrits sur de multiples questions. Contraint de voyager pour inspecter les places frontalières, terrestres et maritimes, il découvre le royaume, s'informe à l'auberge des conditions de la production agricole, obtient de l'intendant ou du président de la Cour des aides les prix des mercuriales ou le montant des taxes sur la consommation. Il s'étonne de voir des fermes abandonnées, des vignes ou des champs en friche, propose ici des irrigations, là au contraire des assèchements de marais, s'informe sur les rendements et sur les innovations en matière de semences ou de techniques; mais ces nombreux centres d'intérêt convergent vers une seule préoccupation: accroître la population du royaume. Il est en cela le digne héritier des penseurs du XVIe siècle qui affirmaient avec Antoine de Montchrestien et Jean Bodin qu'il n'y avait de richesses que d'hommes.

Des marqueurs de la puissance d'un monarque

Un siècle plus tard, l'interdit religieux qui empêchait de compter les créatures de Dieu est progressivement levé et des dénombrements localisés apparaissent. Ce n'est plus l'étendue du territoire mais le nombre des hommes et leur capacité de travail qui sont devenus les marqueurs de la puissance d'un monarque.

Suite de l'article dans notre Numéro 70


Michèle Virol, historienne. Agrégée et docteur en histoire,
Michèle Virol est professeur d'histoire moderne à l'université de Rouen:
elle est également maître de conférences à l'IUFM de Paris



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Extrait de Bataille Balthus. Bulletin n°70

Extrait de L'article de Christian Limousin Bataille Balthus

Une leçon de guitare qui résonne encore

photo acephaleA la différence de son frère aîné l'écrivain Pierre Klossowski (1905-2001), Balt h u s (Balthasar Klossowski, 1908-2001) ne fut jamais un intime de Georges Bataille (1897-1962) et n'appartint pas au premier cercle de ses relations. Cependant, leurs deux noms sont régulièrement associés pour les faits que nous allons voir et, plus encore, pour le caractère érotique de leur œuvre respective. Grenier, château, café, crâne de cheval, robe de chambre, fille et fils, etc., le tout en douze points de rencontre On ne sait quand les deux hommes se sont rencontrés. Une chose est sûre : Pierre Klossowski les présenta l'un à l'autre. Traducteur d'Hölderlin et de Kafka, secrétaire du psychanalyste René Laforgue, Pierre Klossowski est, dans le Paris du début des années trente, un homme très averti en matière de littérature germanique, de freudisme et de psychanalyse. Il commence alors les études sur Sade qui le rendront célèbre plus tard . Bataille, qui le connaît depuis 1933 et l'apprécie, l'associe jusqu'en 1939 à toutes les aventures qu'il mène: Contre-Attaque, le Collège de sociologie et Acéphale.

Suite de l'article dans notre Numéro 70 

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Extrait de l'article Du Mont Saint-Michel à la petite cuillère. Bulletin n°70

vue aerienne du MontSaint MichelDU MONT-SAINT-MICHEL À LA PETITE CUILLÈRE

L'inépuisable extension du patrimoine français

Interview de Nathalie Heinrich, propos recueillis par Antoine Bosshard

Dans La Fabrique du patrimoine, Nathalie Heinich,chercheur au CNRS spécialisée en sociologie de l'art, s'est appliquée à étudier comment un édifice ou un objet se trouve intégré au corpus du patrimoine. Une enquête minutieuse, qui met en lumière tant la mue du regard des experts que l'inflation incroyable du nombre d'objets recensés par le service de l'Inventaire. Interview.

– Le premier étonnement que provoque la lecture de votre ouvrage,c'est l'incroyable inflation patrimoniale qu'il révèle : 49 000 objets recensés en 2007, dont près de 15 000 classés. À quoi attribuer cette inflation ?

– Je donne plusieurs réponses : celle de l'historien, qui fait valoir que, depuis la Révolution française, les actes de vandalisme révolutionnaire ont eu pour conséquence des prises de conscience et des actes de protection patrimoniale. Plus près de nous, le grand mouvement de modernisation qui a suivi la Seconde Guerre mondiale est certainement à l'origine d'un sentiment de perte, qui estsource de beaucoup de réactions de défense du patrimoine ou d'intérêt pour celui-ci. L'anthropologue, lui, expliquera qu'il y a plusieurs catégories d'objets dans une société : ceux qui sont destinés à être vendus, ceux qui sont destinés à être échangés et ceux que l'on va conserver.

La dimension de la conservation a évidemment pris un essor extrêmement important. Certes, la modernisation accélérée a pour effet d'engendrer des mouvements de repère identitaire et donc de retour vers le passé. Mais, de façon beaucoup plus prosaïque, je montre dans mon livre qu'une des grandes causes de l'inflation patrimoniale réside dans les méthodes d'investigation auxquelles ont recours les spécialistes : grâce à leur amélioration – elles sont de plus en plus précises, de plus en plus contrôlées – et grâce à la sophistication de leurs critères, on en vient à prendre en compte des types d'objets qui n'auraient pas été considérés comme intéressants une ou deux générations auparavant.

– Vous notez aussi le passage progressif d'une approche relevant proprement des beaux-arts à un intérêt plus proprement sociologique ou ethnologique. Comment s'opère cette évolution ?

– En fait, on ne parle de patrimoine que depuis la fin des années soixante dix. La catégorie a été construite, au début, autour de la notion de monuments historiques. À l'époque, on pensait cathédrale, château, architecture monumentale.

Suite de l'article dans notre bulletin n°70

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Lieu : cité de la Voix Présentation par Nicolas Bucher, Directeur

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